L'Erodium de Manescau

Erodium manescavii Coss.

(Géraniacées) 

 

 

Quatre hommes pour une fleur

 

L’histoire de l’Erodium de Manescau symbolise parfaitement le système de publication d’une nouvelle plante. Il fut au cœur de la tourmente entre quatre personnages de l’époque.

 

En 1838, Pierrine Gaston-Sacaze, berger botaniste le découvre en haut du Rey à Louvie-Juzon, comme l’atteste l’étiquette dont il accompagna la fleur dans l’herbier qu’il préparait pour un médecin de l’époque.

 

En 1839, Manescau, Maire de Pau herborise avec Gaston-Sacaze. Celui-ci lui montre la fleur et il s’empresse d’en récolter un échantillon pour son herbier personnel.

 

En 1842, Pietro Bubani, botaniste italien, vient en vallée d’Ossau et voit la plante le 24 septembre. Le 15 octobre de la même année, il rencontre Pierrine Gaston-Sacaze avec qui il s’entretient sûrement à son sujet et il décide de la nommer Erodium longipes. Mais Bubani a un gros défaut : il accumule les découvertes et les stocke sans les publier.

 

En 1847, Ernest Cosson, jeune botaniste français, vient passer la fin de l’été à Pau suite à l’invitation de Manescau. Celui-ci l’amène herboriser dans le massif du Ger et, au bord du chemin entre Louvie et Bielle, lui montre le fameux Erodium. Cosson réalise qu’il s’agit d’une nouvelle espèce et la nomme Erodium manescavi, en hommage à son hôte. Plein d’ambition, il s’empresse de la publier en rentrant à Paris.

 

En 1901, la description de l’Erodium longipes paraîtra , 12 ans après la mort du savant Bubani, dans sa « Flora pyrenaea » écrite en latin. Mais Cosson l’a précédé de 54 ans en officialisant la plante sous le nom d’Erodium de Manescau.

 

C’est le nom qu’elle conservera désormais :

 

Erodium manescavii Coss.

 

Jeudi 13 juillet

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