Quatre siècles de botanique en Ossau

A partir de 1650, de nombreux botanistes sont venus herboriser en vallée d'Ossau.

 

Retrouvez ces personnages et les récits de leur passage dans notre belle vallée sur les pages dédiées à chacun.

 

Voici un aperçu chronologique de tous ces visiteurs célèbres : 

 

 

1655

Le médecin Palois, Jean Prévost, publie un catalogue de plantes qu'il a observées dans les vallées béarnaises. C'est le premier ouvrage connu de botanique pyrénéenne. Sur les 900 plantes inventoriées, une trentaine ont été officiellement nommées beaucoup plus tard. Jean Prévost serait donc un auteur et découvreur ignoré.

 

1790

L’abbé Palassou explore les Pyrénées en commençant par les vallées les plus proches de chez lui. Il dressera une liste de plantes de la vallée d’Ossau qui paraîtra dans son Essai sur la minéralogie des Pyrénées .

 

1795

 

Le Docteur Bergeret herborise très souvent dans la vallée d’Ossau dont de nombreuses localités sont signalées dans sa flore.

1802

 

Ramond séjourne 3 jours aux Eaux Bonnes au mois de mai. Il herborisera à l’Artigue de Balour, que les amateurs de botanique nommeront ensuite « Jardin de Ramond ».

1804

 

Vincent de Chausenque, alors officier topographe à Bayonne, découvre les Pyrénées et fait ses premières excursions en Ossau. Il y reviendra plusieurs fois, entre autres le 24 juillet 1837 où il réalisera l’ascension du pic du midi d’Ossau. Comme beaucoup à son époque, il note dans ses carnets de voyage les noms des fleurs qu’il rencontre.

1819

 

Léon Dufour réalise l’ascension du Pic du midi d’Ossau. Il pense alors être le premier scientifique à en atteindre le sommet.

1832

 

Pierrine Gaston-Sacaze, berger de Bagès (Béost), acquiert l’Histoire abrégée des plantes des Pyrénées de Lapeyrouse, s’en fabrique un résumé portable et commence à déterminer toutes les espèces qu’il rencontre. Ayant constitué un herbier de 2000 plantes, il deviendra la référence botanique de la vallée et sera consulté par de nombreux savants en cette matière.

 

1836

 

Charles Grenier, jeune médecin en séjour aux Eaux bonnes, herborise au Col d’Arbaze, au Mont Laid et au Col de Tortes où il signale une flore très riche.

 

1839

 

George Bentham revient dans les Pyrénées et choisit les Eaux-Bonnes comme premier lieu de séjour. Le 2 août, grâce à Gaston-Sacaze, il y découvrira une nouvelle fleur qu’il nommera le Grémil de Gaston mais dont il ne pourra jamais admirer la couleur, faute d’être venu trop tard dans la saison.

1841-1842

 

Armand Gustave Houbigant, antiquaire de Seine et Oise en séjour aux Eaux Bonnes, parcourt les montagnes à la recherche de plantes pour son ami botaniste M. Graves. Il réalise un magnifique manuscrit, conservé à la Bibliothèque de Pau, illustré des dessins de fleurs qu’il récolte.

 

1843

 

Philippe, botaniste de Bagnères de Bigorre, herborise avec Eugène Bergeret et Manescau au Rouminga, à la frontière espagnole. En 1847, il passe au Col de Tortes où il récolte une petite fougère très rare : l’Hymenophyllum tumbrigense.

 

1846

 

Auguste Bernard (1781-1860), juge de paix à Nantua, vient séjourner aux Eaux Bonnes. Il explore les montagnes et découvre un Ibéris, qui porte son nom, l’Epervière noble et l’Euphorbe petit buis. Il signalera ces plantes à Grenier qui les nommera.

 

1844

 

L’abbé Loret vient herboriser en vallée d’Ossau. Il désire lui aussi récolter les fleurs nouvelles et rapportera le Grémil de Gaston du Col de Tortes le 19 août.

 

1845

 

Richard Spruce, botaniste anglais, spécialiste des mousses et autres cryptogames, se rend en vallée d’Ossau afin de faire une récolte de plantes

 

1847

 

Ernest Cosson vient à Pau, sur invitation de Manescau qui le conduira dans le Massif du Ger. Au passage, ils récolteront le fameux Erodium.

 

1853

 

L’abbé de Lacroix, membre de la Société botanique de France, vient herboriser avec Gaston-Sacaze qui lui montre un nouvel Ibéris récolté au col de Tortes. L’abbé le décrit et le nomme: l’Ibéris de Gaston. Plus tard, cet Ibéris s’avèrera être le même que l’Ibéris d Bernard.

 

1865

 

Le Comte Roger de Bouillé commence à explorer les montagnes des Eaux Bonnes en compagnie de ses filles. Il aura une telle passion pour cette contrée qu’on dira de lui qu’il avait épousé le Ger. Il écrira des guides d’excursions mais fera également des publications scientifiques, notamment botaniques.

« J’ai goûté dans les Pyrénées un bonheur si incomparable, que je voudrais le partager avec ceux auxquels la fortune, la santé ou la Providence l’a refusé. »

 

1868

 

Session extraordinaire de la Société botanique de France.

Le président, le Comte Jaubert anime la séance d’ouverture à Pau le 10 août avant les trois jours d’herborisation prévus dans la vallée.

 

1879

 

Emile Doassans, médecin originaire de Nay, herborise souvent en vallée d’Ossau. En 1881, il publie une étude sur le Pigamon à gros fruits et en 1884, il récolte l’Aster des Pyrénées qui pousse dans le jardin de Gaston-Sacaze.

 

Le chamoine Coste
Le chamoine Coste

1899

 

La toute nouvelle Association Française de Botanique organise une session aux Eaux Chaudes : plusieurs botanistes célèbres y participeront, notamment les abbés Coste et Soulié, ainsi que Georges Rouy, auteur d’une Flore de France.

 

1909

 

Le 29 août, l’abbé Soulié réside une nouvelle fois aux Eaux-Chaudes d’où il écrit à son ami, l’abbé Coste, pour lequel il explore la chaîne pyrénéenne : « Cette semaine, j’ai herborisé au Pic du Midi vers les lacs d’Ayous, au Pic de la Gentiane et au col de Brèque, où j’ai trouvé quelques plantes intéressantes que vous verrez bientôt. » Parmi elles, se trouve un petite fougère très rare : la Woodsie des Alpes.

1965

 

M. Merce, de l’université de Toulouse, séjourne dans la vallée afin de réaliser une étude approfondie de la région de l’Aubisque.

 

 

1975

 

Claude Dendaletche, de l’université de Pau, étudie l’écologie de la vallée d’Ossau.

 

1977 /1995

 

Création du Centre d’Ecologie montagnarde de Gabas

Cogéré par le Parc national des Pyrénées et l’université de Bordeaux, il avait pour vocation première d’accueillir des groupes scolaires dans un but pédagogique. A côté du bâtiment d’accueil était aménagé un jardin botanique présentant de nombreuses espèces de fleurs des Pyrénées.

Dirigé par M. Lazarre, le Centre s’orienta ensuite vers les universitaires et devint un lieu de rencontre intéressant pour différentes institutions. Par exemple, en 1980, la Société Botanique de France l’utilisa comme base lors de sa 111ème session extraordinaire.

Il ferma ses portes fin 1995, faute de moyens financiers et la Cour des comptes ordonna sa destruction en 2006.

 

1982

 

La passion de la botanique réunit Jean Vivant, Marcel Saule et Pedro Montserrat lors d’une herborisation au Moulle de Jaout.

Le Professeur Montserrat fera plusieurs excursions dans la vallée dans le cadre de son travail de recherche au Centro pyrenaico de Biologia experimental de Jaca. Cette institution espagnole, à l’avant-garde des connaissances de la flore des Pyrénées réalise par la suite beaucoup d’inventaires dans la vallée.

 

1986

 

Antonin Nicol, qui parcourt depuis longtemps les Pyrénées et plus particulièrement l’Ossau, publie le premier d’une série de cinq beaux livres sur les fleurs des Pyrénées.

 

 

 1992

 

Marcel Saule termine La grande flore illustrée des Pyrénées, ouvrage de référence qui va permettre à beaucoup d’amateurs de fleurs de s’y retrouver.

 

 

2003

 

Le Conservatoire Botanique Pyrénéen et le Centro pyrenaïco de Biologia experimental de Jaca collaborent. Botanistes français et espagnols travaillent ensemble : Luis Villar, D. Guzman, G. Largier et A. Valadon réalisent et publient une étude sur la population d’Aster des Pyrénées de la vallée d’Ossau.

Samedi 10 juin

Prochaine sortie botanique

Col et crête d'Andreyt

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