Jean BERGERET (1751-1813)

Le Pétrocoptis des Pyrénées
Le Pétrocoptis des Pyrénées

Né Pontacq en 1751, Jean Bergeret suit, en 1771 des études de philosophie à Pau. En 1780, il commence des études de médecine à Toulouse. Docteur en 1788, il s'installe défini­tivement à Morlaàs comme médecin.

En plus de l'exercice de la médecine et de son mandat de maire, il assume de nombreuses charges publiques et, en 1796, il obtient la chaire d'Histoire naturelle de l'école centrale des Basses-Pyrénées. Il y crée un jardin botanique qui disparaîtra malheureusement avec l’école en 1802.

 

Malgré toutes ces occupations, Jean Bergeret herborise souvent. Il connaît parfaitement la flore du Béarn, et tout spécialement celle de la région située entre les gaves d'Oloron et de Pau d'une part et les vallées d'Ossau et d'Aspe d'autre part. Il part souvent herboriser vers les Eaux-Chaudes, Gabas, Bious, la frontière espagnole. C'est à partir de toutes ces excursions qu'il rédige son unique ouvrage, la Flore des Basses-Pyrénées (an XI).

 

Deux premiers volumes sont publiés en 1803. Ils comprennent les descriptions des plantes des treize premières classes de la classification linnéenne. La suite contenant les descriptions des plantes des onze dernières classes, est complétée par son fils Eugène et ne paraît qu'en 1909, par les soins de son petit-fils Gaston.

Une sorte de respect incondition­nel pour la vie pousse Jean Bergeret à être végétarien, à ne jamais faire d'herbier et, sur­tout, à être dévoué corps et âme à ses malades. Il meurt de ce dévouement aveugle : en 1813, il est victime de la contagion d'une fièvre épidémique dans la région de Pau, non sans avoir tenté d'étudier la maladie et soigné de nombreux mourants.

 

Jean Bergeret est le premier auteur d'une espèce valide de la flore de France qui croît dans notre vallée :

- le Pétrocoptis des Pyrénées (Petrocoptis pyrenaica (Bergeret) A. Braun ex Walpers, endémique des Pyrénées françaises et espa­gnoles.                

 

Ses excursions en vallée d’Ossau

La Case de Brousset
La Case de Brousset

 

Jean Bergeret fit de nombreuses excursions dans notre vallée. On retrouve fréquemment dans sa flore le souvenir de ses voyages et de ses séjours aux Eaux Chaudes, à Gabas ou à la case de Brousset aujourd’hui disparue.

 

Dans la préface de sa flore parue en 1909, Gaston, son petit-fils nous apporte la preuve de la justesse de ses observations :

« Il m’est arrivé plus d’une fois d’observer des plantes au lieu précis où il en avait indiqué la présence, 100 ans auparavant. »

 

A Anéou, il découvrira l’Androsace velue et la Primevère farineuse ; à Gaziès, la Pensée à deux fleurs ou le Lys des Pyrénées ; près du Pic du Midi d’Ossau la Raiponce hémisphérique. Il ira jusqu’au Rouminga, à la frontière espagnole, où il récoltera la Renoncule amplexicaule et la Fritillaire des Pyrénées. Lors de ces courses botaniques, il loge souvent à la Case de Brousset où il signale le Chénopode Bon-Henri, épinard sauvage (Sarrou) :

 

« Je me trouvais, l’année dernière à la Case de Brousset avec les citoyens Palassou, Laussat et d’Augerot fils aîné ; nous étions bien résignés à faire un très mauvais repas lorsqu’on nous servit une soupe préparée avec les feuilles du Bon-Henri cueillies dans les montagnes. Nous fûmes surpris de l’excellent goût de cette soupe et, quoique je n’aime pas les herbages, je la trouvai délicieuse. »

 

Il explore aussi la région des Eaux Bonnes : au Pic de Ger, il observe l’Aspérule hérissée, à Anouillas, la Campanule fluette et au Pambacibé, la Scabieuse luisante.

Plus bas dans la vallée, il récolte l’Aconit Napel au Bénou et l’Arabette Tourette à Castet.

 

Au total, on trouve dans sa flore 300 plantes pour lesquelles il donne des localités en vallée d’Ossau.

Jeudi 13 juillet

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