Herbier de Pierrine Gaston-Sacaze

Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées

 

Bagnères de Bigorre

Hautes Pyrénées

     L’herbier personnel de Pierrine Gaston-Sacaze suffirait à sa gloire. Confectionné patiemment pendant quarante années, ce travail monumental, que Pierrine aimait appeler "mon bouquet pyrénéen", faisait sa fierté.

 

     De 1825 à 1864, il y range ses trouvailles de la vallée d’Ossau, et il y ajoute les échantillons que lui envoient d’autres botanistes en échange de plantes ossaloises. Sa correspondance avec des dizaines de personnes de tous pays a conféré à cet herbier une grande richesse floristique, et c’est en même temps un témoignage de l’audience rencontrée auprès du public par le pasteur-botaniste ossalois.

 

     L’herbier d’origine comprenait plus de 2000 échantillons classés selon le système de Linné, que Pierrine a toujours suivi, mais qui, depuis, est tombé en désuétude. Aujourd’hui, les 1750 planches restantes sont regroupées en douze classeurs cartonnés, format 40 / 26 centimètres. La présentation en est simple et rigoureuse : une seule plante par feuillet, avec son nom latin (et parfois une référence à la Flore française utilisée pour l’identification), la localisation plus ou moins précise de la plante, et son époque de floraison. Les plantes ont été récoltées pour moitié environ en vallée d’Ossau, les autres proviennent de diverses autres régions françaises.

 

     A l’heure de sa "retraite" pastorale et botanique, l’année 1874, Pierrine vend son herbier à la ville des Eaux-Bonnes, qui l’exposera dans un musée créé à cet effet. Il y restera jusqu’en 1914, sous la surveillance d’Henri Miégemarque, conservateur. Puis il séjournera dans différents locaux de la commune, jusqu’à ce que le docteur Henri Meunier, en 1936, le retire de l’ombre et de l’humidité pour lui donner, par une restauration complète, son aspect actuel. Les plantes sont maintenant réparties selon les familles et les genres classés par ordre alphabétique.

 

     Aujourd’hui, après quelques péripéties, onze des douze classeurs sont en sécurité au Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées à Bagnères-de-Bigorre. Le dépôt en a été fait le 7 juillet 2000 par l’intermédiaire de l’Association Pierrine Gaston-Sacaze. Un classeur est toujours malheureusement manquant : c’est le numéro 11, celui qui contient les plantes les plus photogéniques, Renonculacées et Rosacées